Il faut désormais tirer les leçons de 40 années d’une politique laxiste, inconsciente et irresponsable. Il faut prendre appui à la fois sur l’histoire des lieux, la mémoire ancienne, la topologie, le fonctionnement des marées, du Lay et de la Baie de l’Aiguillon. Il nous faut aussi anticiper les dérèglements climatiques et la probable montée des eaux. Etat et collectivités devraient être en capacité d’organiser un débat public et une confrontation d’experts sur cet enjeu humain et territorial.
Devant la souffrance des familles, le désarroi et la révolte de celles qui sont contraintes de quitter leurs lieux de vie, l’heure est à la rigueur, à la cohérence et à la transparence.
Il ne serait plus acceptable de voir certains Parlementaires ou élus locaux exercer des pressions auprès des services de l’Etat pour qu’ils reconsidèrent une décision d’urbanisme, comme cela a été le cas pour le camping de la Faute sur Mer... De même, il faudrait dénoncer la connivence éventuelle entre certains élus et des promoteurs immobiliers...
Il est du rôle de l’Etat de protéger les habitants et les vies humaines, et de faire appliquer les Plans de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) ; il est du rôle de l’Etat de tirer les conséquences de ce raz de marée mortel. Les Verts/Europe Ecologie estiment que Monsieur le Préfet de la Vendée et les services de l’Etat s’acquittent de cette mission de manière courageuse.
Pour autant nous avons le sentiment que les habitants concernés n’ont pas disposé de tous les éléments d’analyse qui ont conduit à l’élaboration du zonage et au plan d’action qui en découle. La plus grande transparence est nécessaire. L’heure n’est plus à la recherche du « bouc émissaire » ou à « se refiler la patate chaude ». Il est désormais indispensable que l’Etat et les collectivités locales agissent ensemble pour éviter que de tels évènements se reproduisent, dans le respect des compétences de chacun.
Les communes de la Faute sur Mer et de l’Aiguillon doivent enfin élaborer un projet de développement et un Plan Local d’Urbanisme intercommunal en s’associant à la commune de la Tranche sur Mer et, peut-être, avec d’autres communes rétro littorales. Ce projet devra notamment reconsidérer la politique d’urbanisation touristique, la création des zones d’habitat, l’implantation des équipements (camping etc) et les plans de déplacements. On ne peut continuer à accueillir des touristes à n’importe quelle condition.
C’est à cet échelon que la Région pourra notamment intervenir dans le cadre du Contrat Territorial Unique ; nous souhaitons que les élus locaux conduisent leur réflexion en partenariat avec un Conseil de développement composé d’acteurs locaux représentatifs (entreprises, agriculteurs, ostréiculteurs, associations...), d’hommes et de femmes en capacité de porter la parole des habitants.
Le diagnostic sur l’état des digues doit être accompagné d’un plan d’intervention mis en œuvre et géré par les pouvoirs publics, après que l’on ait eu précisé la fonction de ces digues.
Il est en outre nécessaire de porter la réflexion sur le rôle et les pratiques de l’agriculture et de l’élevage sur ce territoire. Les sommes investies dans l’entretien des digues et dans le maintien des polders existants devront être conditionnées à des pratiques écologiques de la part des agriculteurs céréaliers de la côte et de l’arrière pays. L’éco conditionnalité des aides constitue une dimension essentielle du maintien et du soutien des productions agricoles, ostréicoles et conchylicoles, ainsi que la biodiversité de ces milieux.
Jean COIRIER
Président des Verts Vendée
06.08.03.77.67
17.05.2010