A l’initiative des majorités régionales précédentes, et avec l’accord des conseils généraux de Vendée, des Deux-Sèvres et de Charente-Maritime, depuis octobre 2002, le Parc Interrégional conduit une démarche de reconquête du label Parc naturel régional, perdu en 1996. Il élabore à cet égard une charte de développement territorial et de préservation des patrimoines, dans le cadre d’une très large concertation qui permettra notamment d’éviter à la France l’amende européenne de 150 000 Euros par jours suspendue pour le moment.
L’ambition poursuivie, que personne ne saurait remettre en cause, est celle d’un Marais préservé, un Marais dynamique, un Marais partagé. Des mesures très concrètes, d’entretien de la zone humide, de soutien pour une agriculture durable, de développement touristique et plus globalement d’aménagement du territoire, concourent à créer les conditions d’un véritable développement durable. A travers cette démarche, il s’agit, non pas d’opposer, une fois de plus, économie et environnement, mais de favoriser un développement économique qui prend en considération le patrimoine local. La nuance est de taille. Cela s’appelle le développement durable. Il est temps en 2006 de relever le défi pour le Marais poitevin.
L’enquête publique a rendu un avis positif au vote de la charte avec 68 % d’opinions favorables. Malgré cela, le Conseil Général de la Vendée, d’accord avec le principe de la charte en 2004, a retourné sa veste pour une simple raison politicienne : l’opposition à Ségolène Royal et Jacques Auxiette. Alors même que l’intérêt général aurait nécessité un consensus politique sur ce sujet, le Conseil Général de la Vendée a utilisé l’argent des contribuables vendéens pour faire échouer la charte et ses porteurs « technico-écolo-bobos ».
Ainsi, 15 euros par hectares ont été promis, sans contrepartie, aux communes qui se prononceraient contre la charte, et des projets comme la rénovation de la passerelle reliant le Vanneau au Mazeau (communes du parc) seront financés par les vendéens alors que le Parc naturel Régional grâce aux crédits de l’Europe et des Régions aurait dû le faire. Cet argent gâché aurait pu servir au Conseil Général à co-financer des crèches par exemple...
Les communes du Parc se prononçaient sur la charte jusqu’au 20 novembre 2006. Le résultat donne une majorité de 67 % de communes, intégrées au périmètre du parc (d’autres communes ont été consultées mais à titre simplement consultatif), favorables à la charte ; un résultat très positif compte tenu des pressions exercées par le Conseil Général de la Vendée sur les conseils municipaux. L’intérêt général l’a finalement emporté. L’équipe de Yann Hélary (vice président Vert du conseil régional des Pays de la Loire et président du syndicat mixte du Parc du Marais Poitevin) inflige ainsi à Philippe De Villiers une cinglante défaite.
Nous espérons maintenant que le gouvernement (ministère de l’écologie) validera la labélisation du Marais Poitevin en Parc Naturel Régional et que l’UMP ne sera pas tentée de faire plaisir à son camarade Villiers comme elle le fait pour les élections législatives (ndlr : l’UMP ne présentera pas de candidats dans 2 circonscriptions de Vendée pour laisser le champs libre au MPF... quand la droite flirte avec la « bête immonde »...).